Math, démocratie et jugement majoritaire

Des maths à la Carmagnole? Maths et démocratie? OK depuis l’école élémentaire, avec les élections des délégués on sait que les maths interviennent lorsqu’on vote : somme, moyenne, classement… Mais ce lundi 8 avril au soir à la Carmagnole nous avons vu que les maths permettent aussi de comprendre le fonctionnement des scrutins électoraux et les biais qu’ils induisent. Au travers la théorie des jeux de Nash et grâce à son village de Schtroumpfs Nicolas Saby, enseignant chercheur à la Faculté des Science de l’Université de Montpellier, nous a montré comment notre sacro-saint scrutin majoritaire à deux tours qui nous biberonne depuis l’enfance induit forcément des biais. Si ce type de scrutin est très bien adapté à notre société du spectacle, au match de catch médiatique permanent entre forces politiques, il empêche trop souvent que le choix réellement partagé par la majorité des votants sorte des urnes. Il induit le vote utile, stérilise le débat politique et affaiblit la démocratie.

Pour sortir de cet impasse, deux mathématiciens français Michel Balinski et Rida Laraki proposent le scrutin à jugement majoritaire. C’est ce type de scrutin que nous a présenté Nicolas Saby ce lundi soir à la Carmagnole. A l’heure où, à juste titre, les Gilets Jaunes posent la question des institutions, de son fonctionnement démocratique, du RIC… la question du mode scrutin est fondamentale et complémentaire. D’accord pour le non cumul de mandat, d’accord pour un RIC local, national. Mais avec quel mode de scrutin?
Pourquoi s’enfermer dans ce scrutin majoritaire qui nous amène bien souvent dans une impasse ? Pourquoi ne pas adopter le scrutin à jugement majoritaire ? Les élections municipales prochaines seront peut-être l’occasion, si une véritable liste citoyenne émerge sur Montpellier, de tester ce mode de scrutin pour désigner un collectif de porte-parole de la liste, pour désigner la tête de liste qu’impose cette élection et le/la chef.fe de file montpelliérain.e pour la Métropole. Chiche!

Pour en savoir plus sur le jugement majoritaire :