« Algériennes et lutte principale » à la Carmagnole

Vendredi soir, 26 avril, les associations Saudade, le Fonds pour les femmes en Méditerranée, Identité et Partage, Hactions, en partenariat avec la Carmagnole, ont animé une conférence/Débat d’une grande richesse et intensité émotionnelle autour des « Algériennes  et de la lutte principale », celle d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui.

Après la projection du film « Lettre à ma sœur » de Habiba Djahnine, Marthe Hélène Choukroun de l ‘association Saudade, coopératrice à la Carmagnole, et Caroline Sakina Brac de la Perrière, historienne, militante en Algérie durant les années de plomb, ont rendu hommage à la jeunesse algérienne dans la rue depuis février dernier pour un avenir de liberté et d’égalité. Caroine Sakina a évoqué également les militantes féministes historiques d’hier et d’avant hier à l’origine d’avancées significatives dans la société algérienne avec, entre autres, la disparition du droit d’obéissance de la femme à son mari inscrit dans l’archaïque code de la famille toujours en vigueur.

Tous ces témoignages sur l’actualité brûlante en Algérie et le passé récent et plus lointain de libération du colonialisme, ont éveillé le désir des femmes et hommes présents ce vendredi d’échanger entre eux et d’en arriver au constat que la démocratie de demain passe par l’incontournable émancipation des femmes et la capacité des hommes à accepter cet état de fait.

Dans une atmosphère de tolérance, de bienveillance, se sont noués des liens d’amitié autour d’un délicieux couscous, gateaux au miel, thé à la menthe … propices aux derniers échanges de la soirée.

A propos du film de Habiba Djahmine : « Lettre à ma sœur »

Thigri N’ tmettouth », « Cri de femme » , c’est le nom de l’association de Nabila Djahnine , militante inlassable des droits des femmes dans les années de plomb (90/95) de l’Algérie du FIS.

« Cri de femme », c’est le cri de trop aux oreilles des intégristes au pouvoir qui programment son assassinat le 15 février 1995 à Tizi-Ouzou.

Dans « Lettre à ma soeur », Habiba Djahnine recueille la précieuse parole comme eau de source de ceux qui ont vécu auprès de Nabila, ses premières et dernières heures de militance.

Trajectoire sans concession de cette militante qui fait dire à son autre sœur filmée par Habiba dans le murmure des vagues d’une plage d’Algérie : « Sur cette terre, il y en a qui payent de leur vie. ». Nabila était de celles-là.

Le film se termine sur des images de Nabila, face à la caméra où, en quelques mots prémonitoires, elle définit le fascisme comme étant l’acte politique barbare qui consiste à tuer le dialogue en tuant l’Autre, la femme, l’homosexuel, l’opposant, le libre penseur , qui ne se soumet pas.

Daniel Séverac