Théâtre iranien : « Les Autres »… si proches !

« Les Autres »… si proches ! à la Carmagnole le 14 mai 2019/

Cette soirée, à l’initiative d’ Odile Meynadier et Jami Pradel et en partenariat avec Amnesty International, a donné l’occasion aux deux artistes iraniens en résidence à la Carmagnole d’ illustrer une thématique fondamentale pour nous tous (l’ouverture aux autres) grâce à une représentation théâtrale mise sous le signe du soutien à l’avocate iranienne Nasrine Sotoudeh condamnée à 38 ans de prison et 140 coups de fouet pour son engagement pour la paix et la défense de femmes jugées coupables d’avoir enlevé leur voile.

Les deux comédiens, Sahar Moghodam et Arash Masouri, ont distribué au public un petit texte (ci-dessous) que Daniel Severac a lu avant la représentation devant un public très réceptif.

Au delà du propos – satire de la frontière, des divisions générées par les puissances et leur avidité, et de son engrenage de violence et de destruction, dont la seule porte de sortie est l’amour symbolisé par le couple (sur les planches comme à la ville) – les deux jeunes Iraniens ont mis en scène un spectacle à mi-chemin entre le « Ruhowzi » (genre populaire iranien proche de la « Commedia dell’Arte » en Europe) et la comédie politique et poétique (cf Ariane Mnouchkine) où gestuelles, mimiques et dramaturgie portée par une ligne musicale discrète et efficace ont révélé une grande qualité propre à défendre sans drapeaux ni mots d’ordre, par la grâce de l’art, le triomphe de la vie au sein même de la violence et de l’obscurantisme.

Un chant traditionnel révolutionnaire en Iran, « L’oiseau de l’Aube », interprété à la fin du spectacle par les artistes, a porté l’émotion à son comble et a été repris à la demande d’un spectateur iranien avec l’assentiment unanime de la salle.
(Voir ou revoir le trés beau film documentaire : « No Land’s Song » de Ayat Najafi sorti en mars 2016. Prix du ciné européen du meilleur doc.)

A cette occasion, des artistes iraniens, français et tunisiens s’étaient unis pour travailler sur ce chant de résistance à la tyrannie qui date de 1921, « L’oiseau de l’aube » (Morg-e-sahar »), célèbre en Iran, qui n’a plus été chanté en public depuis l’avènement de la République islamique)

Traduction du 1er couplet :
« Oiseau de l’aube, lamente-toi
Rappelle-moi ma souffrance et ma tristesse
Et par ton chant triste, détruis cette cage. »

Simone Lopez

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