Monique Pinçon-Charlot vient de publier « Le méprisant de la république » (éditions Textuel).
Un livre détonateur pour un diagnostic implacable.

Jamais dans la Ve République un président n’avait fait preuve d’autant d’arrogance à l’égard de celles et ceux « qui ne sont rien ».
Ne nous y trompons pas, prévient la sociologue : le mépris des gens ordinaires ostensiblement affiché par Emmanuel Macron n’est pas qu’un trait de caractère. Ce mépris doit être mis en regard de la violence d’une oligarchie qui accapare aujourd’hui tous les pouvoirs et toutes les richesses. Le dédain élyséen rend visible la violence des ultra-riches tout en occultant les logiques sociales qui sont au cœur du capitalisme. D’où la nécessité de poser un regard sociologique sur le mépris de classe, comme le fait ici Monique Pinçon-Charlot à travers une chronique de la lutte contre la réforme des retraites. En temps normal, les dominants cherchent à masquer les hiérarchies sociales. Mais, lorsqu’ils se sentent menacés, comme c’est aujourd’hui le cas, leur violence symbolique s’affiche au grand jour. Au risque qu’elle se retourne contre eux !